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Ce matin,
Je n’ai pas allumé mes bûches
Ma cheminée restera froide
Mon poste de radio me jouait du
Gary B.B. Coleman – The Sky is Crying
Une atmosphère étrange derrière ma porte.
Mais qu’est-ce que cela incrimine?
Tout me semblait, ce matin, suspendu.
Ce matin,
Je n’ai pas allumé mes bûches
Ma cheminée restera froide
Une odeur étrangement acre.
Alors je suis allé sur le seuil.
Elle m’a tirée vers la porte.
Ma campagne est en deuil.
J’ai vu devant moi, le massacre.
Ce matin,
Je n’ai pas allumé mes bûches
Ma cheminée restera froide
Ce matin mon décor coutumier
A changé, je ne le reconnais plus.
Devant moi, cette vue m’insupporte.
Tout est rouge, là-bas, après le talus
Où est donc mon pommier?
Ce matin,
Je n’ai pas allumé mes bûches
Ma cheminée restera froide
Je ne reconnais plus mon paysage.
Où sont mes animaux qui me regardaient
Quand je sortais sur le pas de ma porte?
Ils levaient la tête et ils me saluaient.
Et là, cette désolation qui me dévisage.
Ce matin,
Je n’ai pas allumé mes bûches
Ma cheminée restera froide
Mes grands pins effilés vers le ciel
Sous lesquels, de cèpes, je faisais la cueillettes.
Et les baies qu’à la maison je rapporte.
Ils ne reste plus que des squelettes.
Tout ce qui, pour moi, était essentiel.
Ce matin,
Je n’ai pas allumé mes bûches
Ma cheminée restera froide
Maintenant, quand j’irai au village
Je contournerai mon ancienne forêt
Je me souviendrai de ce cloporte
Je penserai à celui qui ta déshonoré.
Je traine la tristesse dans mon sillage.
Ce matin,
Je n’allumerai pas mes bûches
Et mon âme ce soir, restera froid
