44 Requiem pour un pin

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Ce matin,

Je n’ai pas allumé mes bûches

Ma cheminée restera froide

Mon poste de radio me jouait du

Gary B.B. Coleman – The Sky is Crying

Une atmosphère étrange derrière ma porte.

Mais qu’est-ce que cela incrimine?

Tout me semblait, ce matin, suspendu.

Ce matin,

Je n’ai pas allumé mes bûches

Ma cheminée restera froide

Une odeur étrangement acre.

Alors je suis allé sur le seuil.

Elle m’a tirée vers la porte.

Ma campagne est en deuil.

J’ai vu devant moi, le massacre.

Ce matin,

Je n’ai pas allumé mes bûches

Ma cheminée restera froide

Ce matin mon décor coutumier

A changé, je ne le reconnais plus.

Devant moi, cette vue m’insupporte.    

Tout est rouge, là-bas, après le talus

Où est donc mon pommier?

Ce matin,

Je n’ai pas allumé mes bûches

Ma cheminée restera froide

Je ne reconnais plus mon paysage.

Où sont mes animaux qui me regardaient

Quand je sortais sur le pas de ma porte?

Ils levaient la tête et ils me saluaient.

Et là, cette désolation qui me dévisage.

Ce matin,

Je n’ai pas allumé mes bûches

Ma cheminée restera froide

Mes grands pins effilés vers le ciel

Sous lesquels, de cèpes, je faisais la cueillettes.

Et les baies qu’à la maison je rapporte.

Ils ne reste plus que des squelettes.

Tout ce qui, pour moi, était essentiel.

Ce matin,

Je n’ai pas allumé mes bûches

Ma cheminée restera froide

Maintenant, quand j’irai au village

Je contournerai mon ancienne forêt

Je me souviendrai de ce cloporte

Je penserai à celui qui ta déshonoré.

Je traine la tristesse dans mon sillage.

Ce matin,

Je n’allumerai pas mes bûches

Et mon âme ce soir, restera froid