43 La nuit avait tout interrompu !

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La nuit avait tout interrompu.

Et alors que ce matin je venais ouvrir les yeux,

Le son d’une trompette parvenait tout doucement à mes oreilles.

Elle entrait dans mon crâne.

Tout doucement, lentement, elle me ramenait au jour.

Il fallait juste pour moi, le temps de refaire surface.

La nuit avait tout interrompu.

J’ai, lentement ouvert les yeux ne sachant pas si cela allait entrainer ma rupture avec la musique.

J’ai lentement ouvert les yeux et puis, ben non, la mélodie m’arrivait toujours.

Il m’a fallut quelques minutes pour réaliser où j’étais.

Une poussive observation des alentours  m’a permis de, vaguement, me situer dans l’espace.

Visiblement, j’étais chez moi…

La nuit avait tout interrompu.

Il y avait une cheminée, dans laquelle finissaient de mourir quelques bûches.

Il y avait aussi un vieux poste de radio, d’où sortait cette musique douce.

Il y avait un chien, inerte, lui aussi, allongé, là, parterre devant l’âtre.

Il y avait à coté de moi, une petite table ronde.

Il y avait sur cette sorte de guéridon, quelques bouteilles toutes vides.

La nuit avait tout interrompu.

Il y avait également des verres ayant visiblement servis et vu le nombre, je n’avais pas été seul hier soir, ou alors il faudrait essayer de m’expliquer pourquoi, seul chez moi, j’aurai utilisé autant de gobelets.

Il y avait, pour tout dire, mon univers habituel, celui où je séjourne quasiment éternellement  depuis bien longtemps.

Il y avait enfin, mon bon vieux fauteuil rouge dans lequel je me trouvai, aujourd’hui, encore, avachi.

La nuit avait tout interrompu.

Dans un effort surhumain, si tant est que je sois un humain, je me suis lever pour aller voir dehors si l’on était de nuit ou bien de jour.

Si il fallait se recoucher ou bien attendre l’heure d’y aller.

J’ai poussé la porte d’entrée de ma maison.

Il faisait jour sombre.

C’est à dire qu’il était évident que l’on était en plein jour mais quel les nuages au-dessus de moi était sombre  et empêchaient le soleil de venir me réchauffer mon âme.

La nuit avait tout interrompu.

Le temps était couvert, soit, mais l’on pouvait quand même voir une partie du décor.

La montagne était bien là.

Cela m’a à moitié rassuré.

Le gave roulait et grondait à mes pieds.

Cela m’a à moitié tranquillisé.

Et le son des clarines lointaines,

Que la nuit avait interrompu.

Ces quelques vaches, m’ont moitié apaisé.

Tien, personne à proximité.

Cela m’a à moitié réveillé.

Toutes ces moitiés finissant par ne faire plus qu’un.

J’ai réussi à voir, quand même un peu, le ciel se trouer.

Quelques sommets, par contre, je ne saurai pas dire si ces pics

Perçaient le nuage ou bien les retenaient.

La nuit avait tout interrompu.

Je suis alors retourné chez moi me réconforter pour de bon.

Entre les bras de mon fauteuil rouge.

Le chien n’avait pas bougé une oreille depuis tout à l’heure. 

J’ai fini le fond d’une bouteille restée là, en le versant dans mon verre.

Je me suis laissé aller en écoutant : Chet Baker – Almost blue qui jouait encore dans mon poste.

La nuit avait tout interrompu.

Peut-être, qu’aujourd’hui, un copain montera jusqu’ici.

Si c’est le cas, nous reprendrons les débats inachevés.

Si l’un de nous s’en souvient.

Sinon, en éclusant quelques crus délicats,

Nous écouterons encore un peu de jazz.

Et la nuit nous interrompra à nouveau…

Et la nuit nous interrompra à nouveau…