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Ce matin, allez savoir pourquoi, c’est le chat qui est venu me tirer du lit.
Des miaulements à n’en plus finir, et encore, et encore…
Et le voilà qui saute sur ma couette. Et je bouge, et je remue, et je viens me coller à moi… Bon, maintenant cela suffi comme ça! Bouge de là le miaou…
Une fois levé, le voilà qu’il se met à me faire des ronds de jambes en boucles, des chorégraphies improbables pour un humanoïde comme moi.
Bon, puisque le matou en a décidé ainsi, me voila maintenant marchant en ma demeure, comme si elle était minée, alors que fin de compte, mes acrobaties ne sont faites que pour éviter le félin qui déambule entre mes pas aux risques de me voir choir lamentablement dans la fuite apeurée du greffier.
Et voilà pourquoi, dès potron-minet, dans mon séjour, je suis là, à regarder par la fenêtre avec raminagrobis assis sur l’appuis.
Dehors il fait déjà grand jour et mes voisines paissent en m’épiant avec ce regard bovin impressionnant. Quelques poules caquetantes hochent la tête entre les hautes pattes des broutards.
Mais qu’est-ce que je fais là dans cette campagne hostile alors que je suis un pur citadin?
Il faut que je vous raconte à quel point je suis un citadin.
Pour vous dire, une fois, il y a déjà pas mal d’années, je venais régulièrement chez un producteur d’oeuf. Je veux dire, un aviculteur, je sais quand même que ce n’est pas lui qui pondait les oeufs.
Je lui téléphone comme d’habitude et il me dit de passer vers 17h.
Je quittais donc ma petite ville de province pour aller, non pas en pleine campagne mais en banlieue, dans cette zone frontalière qui sépare la cité de la brousse.
A l’heure dite j’arrive chez lui et frappe à sa porte. Il m’ouvre et me dit qu’il a eu un contre temps dans la journée, que ce n’est pas prêt mais qu’il s’occupe de moi tout de suite. À vrai dire, cela ne me pose pas de réels problèmes dans la mesure où je n’avais rien de prévu, hormis le fait de rentrer chez moi après l’achat de mes quelques oeufs frais. Je le suis dehors aussitôt et là, je vois des rangées innombrables et interminables de poulaillers alignés, devant mon regard étonné. Je reste un moment surpris devant ces HLM à poules. C’est vrai que lorsqu’on consomme en ville, on ne se demande pas comment c’est produit. À part la sempiternelle question hautement philosophique et religieuse: « Qui est le premier des deux, l’oeuf ou la poule? » et que l’on pose pour entamer une conversation chez les incultes et y briller un tant soit peu. Je ne m’étais jamais, à vrai dire, posé la question de l’oeuf. J’achetais mes oeufs en grandes surfaces et c’est tout. Je vous rassure ou pas, il en va de même pour des tas d’autres choses, je les achète parce que j’en ai besoin point finale. Je ne me pose pas la question de comment c’est fait etc. Tiens par exemple, quand j’achète une automobile, je l’achète pour son utilité et sa solidité prétendue. Je me fiche totalement de savoir sa couleur et comment elle est conçue et fabriquée, ni même par qui. Mes connaissance en véhicules sont tellement limitées qu’elles se réduisent à acheter une voiture break, vitrée, uniquement pour savoir de quel coté mettre les valises et, pour ce qui est de son utilisation, à trois choses; 1) qu’elle démarre, 2) qu’elle roule et 3) qu’elle s’arrête et si possible, dans cette ordre là.
Je suis là, devant les rangées épouvantables de cages à gallinacés et je lui fait part de mon étonnement quant à la quantité industriel des poules qu’il possède.
Moi, naïvement donc:
« -Wouaou!! … Toutes ces poules…Vous devez avoir grand nombre de coqs alors? ».
Lui, s’est mit à rigoler en dérangeant les poules pour ramasser la ponte du jour.
« -Non, j’en ai trois, c’est tout… ».
Je lui rétorque avec un petit air coquin qu’ils ne doivent pas chaumer.
Il s’arrête. Il me regarde. Il arbore un grand sourire moqueur mais pas méchant, me dit:
« -Ha! Vous êtes bien de la ville, vous… Une poule ça pond, avec ou sans coq… Ça pond une poule et c’est tout… »
Tout penaud, je lui répond:
« -Ha ben oui, c’est vrai… ».
Je n’ai plus osé poser de question sur le monde agricole, son monde animale, sa vie sexuelle et sentimentale.
Ce matin, voilà à quoi je pense en regardant les vaches au travers de la vitre tant dis que l’ocelot m’a déjà abandonné.
Il s’est lové près du feu, sur mon vieux fauteuil rouge, dans lequel je ne vais même pas pouvoir m’assoir pour le petit déjeuner alors que le vieux poste de radio, derrière moi, passait, Jazz Music by Kevin MacLeod New York City, 1930’s & 1940’s (J).
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