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Le vieux manteau rouge, accroché à sa patère austère, à l’entrée est mité depuis fort longtemps et il y restera pendu.
Je me trouvai assis, ou plutôt, effondré dans mon vieux fauteuil rouge, les bras ballants, face à la cheminée dans laquelle dansaient des flammes jaune et rouge au dessus de bûches cramoisies qui craquaient, dégageant une douce chaleur. Ces même flammes dessinaient, sur les murs, des ombres dansantes, envoûtantes, figurant des rêves farfelus.
Sur la petite table, placée juste à coté de moi, se trouvaient un verre et une bouteille quasiment vide. Qu’est-ce qu’elle contenait? Je ne m’en souviens plus vraiment mais pour sûr un alcool fort, capable de m’emmener ailleurs.
Tout bougeait autour de moi.
Le vieux manteau rouge, accroché à sa patère austère, à l’entrée est mité depuis fort longtemps et il y restera pendu.
J’ai regardai vers la fenêtre fermée. La vitre était blanche avec une sorte de buée à l’intérieur de la maison et un brouillard dehors, si épais que l’on aurait pas vu le bout de ses doigts, alors imaginez un peu, voir mes pieds… Ils auraient disparus, si j’avais dû sortir. Et puis, il y avait la neige, tombée en abondance ces derniers temps. Elle était molle et l’on pouvait s’y enfoncer jusqu’à l’entre jambe. Autant vous dire qu’il n’était pas question pour moi de tenter une aventure hors de mes murs. De plus le vieux poste de radio, posé sur son étagère et jouait d’ancestraux morceaux de jazz. C’était quoi au juste?… Ha oui, je me rappelle; s’était -Nat King Cole – « The Christmas Song » .
Alors, pourquoi je serai sorti par ce temps froid et neigeux alors que des liqueurs me tenaient compagnie?
Tout bougeait autour de moi.
Le vieux manteau rouge, accroché à sa patère austère, à l’entrée est mité depuis fort longtemps et il y restera pendu.
Les vielles bottes n’étaient pas très étanches non plus et m’auraient gelées les orteils. Non, je ne les chausserai pas. Le panier en osier n’était plus vraiment solide du tout et aurait laissé échappé la plus grande partie de son chargement au risque d’en mécontenter certain. Et puis, comment voulez vous que je me déplace avec cette neige dehors? Quel véhicule pourrait s’affranchir de ce cette situation? Et seul mon carburant frappé de glaçons peut faire voyager.
Tout bougeait autour de moi.
Le vieux manteau rouge, accroché à sa patère austère, à l’entrée est mité depuis fort longtemps et il y restera pendu.
Pour la neige, je veux bien qu’elle soit là, après tout, on est en décembre, le 24 je crois et c’est donc normal mais quand même, à mon âge, est-ce bien raisonnable de mettre dehors un vieux monsieur vêtu de rouge avec de l’osier sur le dos? Hein?… Ha oui, je vois. Vous vous imaginez peut-être que je suis celui que des enfants attendent aux creux de leurs rêves déjà trahis par le chantage des adultes? « -Soit sage et obéissant et tu auras une récompense ». Et bien non! Je ne serai pas le complice de ce dressage humain et seul les spiritueux passant par mon verre pourrait me sortir de là.
Tout bougeait autour de moi.
Le vieux manteau rouge, accroché à sa patère austère, à l’entrée est mité depuis fort longtemps et il y restera pendu.
Après tout, des enfants ce n’est surtout pas fait pour être sage. C’est vrai çà, pour vivre des aventures extraordinaires qui n’existent que dans leurs têtes, il faut être déraisonnable, désobéissant. Et puis, les enfants sages et frustrés, ne seront-ils pas plus tard, ces adultes belliqueux et malveillants qui m’entourent? Alors, pourquoi irai-je, en pleine nuit, par un froid de canard, même pas confit, distribuer des jouets que je n’aurai pas acheté? Et pourquoi les si généreux parents ne les offrent-ils eux même, les cadeaux à leurs chérubins. Ha ce que je peux haïr noël et ses décors, ses légendes et tout les mystères que l’on fait autour. Seules les liqueurs qui apaisent mon crâne pourraient me rendre affable, généreux.
Tout bougeait autour de moi.
Le vieux manteau rouge, accroché à sa patère austère, à l’entrée est mité depuis fort longtemps et il y restera pendu.
De toutes façons, je n’ai plus de rennes depuis longtemps. J’ai mangé le dernier l’an passé. Le très vieux traîneaux traînant dans la toundra a alimenté ma cheminée il n’y a pas si longtemps encore, alors n’imaginez pas un instant que j’aille, pas monts et par vaux, à pieds, avec une sorte de lourde hotte en rotin sur le dos, en pleine nuit de neige, poser par-ci par par-là, un paquet toujours plus encombrant. Non, à d’autres cette année, moi, j’ai mieux à faire ce soir, tiens, par exemple, déguster cette bénédictine qu’un confrère m’a porté et qui descend bien dans le gosier.
Tout bougeait autour de moi.
Le vieux manteau rouge, accroché à sa patère austère, à l’entrée est mité depuis fort longtemps et il y restera pendu.
Non, je ne suis pas ce vieillard bedonnant vêtu de rouge poussant un cris en pleine nuit à faire peur à eux lieux à la ronde. Je suis mité moi aussi et depuis fort longtemps donc je resterai au coin du feu, fois de chartreuse verte qui emporte les têtes…
Tout bougeait autour de moi.
Le vieux manteau rouge, accroché à sa patère austère, à l’entrée est mité depuis fort longtemps et il grand temps maintenant qu’il couvre mon dos, j’ai du travail dehors…
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