
Cliquez ci-dessous pour écouter mon poste de radio.
Il est des lendemains de veilles, d’ailleurs, était-ce bien un lendemain ou était-on encore ce soir d’hier?…
Je ne vais pas, aujourd’hui, vous parler de mon vieux fauteuil rouge, de ma cheminée et de ses bûches qui n’en finissent pas de se consumer jusqu’à se faire des cendres.
Je n’évoquerai pas non plus la petite fenêtre qui donne sur le monde extérieur de mon univers. Etc….
À vrai dire, j’ai bien l’impression par moment que je ne suis pas chez moi.
Je ne rappelle même plus la date de ce que je viens de vivre.
Il en va ainsi des moments où les breuvages que l’on trinque avec des amis nous jouent des troubles.
Il est des lendemains de veilles, d’ailleurs, était-ce bien un lendemain ou était-on encore ce soir d’hier?…
Voilà-t-il pas que, parfois, mes compagnons de bistro, lentement, se transforment, ou alors m’apparaissent sous un jour nouveau dans les pâles lumières embrumées des vapeurs d’un vieil Armagnac, d’un pousse-rapière ou d’une goute.
La tête lourde et les conversations pâteuses n’aident pas à sortir de ces brumes fantasques.
Il est vrai, que lorsque tes complices de bacchanales, commencent à se muter en porcelet lubriques sortant d’un chimérique bouge coiffé d’un claque, un verre à pied à la main et marchant sur les mains vers les pieds, alors tu te dis que, décidément, Lillet l’heure de rentrer.
Il est des lendemains de veilles, d’ailleurs, était-ce bien un lendemain ou était-on encore ce soir d’hier?…
Une fois que tu en a pris conscience, il reste quand même pas mal d’étapes à franchir pour sortir de ce piège.
Rassembler, pour commencer, mes capacités cognitives qui me permettrons de poursuivre mon extraction de ce monde peuplé d’êtres, autant bizarres, qu’étranges.
Dans un deuxième temps, si des évènements ne sont pas venus perturber le déroulement de l’aventure, repérer la sortie de cet admirable l’établissement délivrant des vins fins et des spiritueux qui feront tout pour me retenir ici.
Il est des lendemains de veilles, d’ailleurs, était-ce bien un lendemain ou était-on encore ce soir d’hier?…
Mais, la parade monstrueuse n’étant pas tant que cela désagréable, c’est avec plaisir et abandon que j’en oublie ma connexion avec les mondes qui m’entourent et les sorties, même de secours.
Pourtant, il me semble bien, qu’après un flot nourri de chants arrosés de gesticulations désordonnées, la lumière c’est faite beaucoup plus noire.
C’est quand la violence de l’obscurité disparue déchira mes yeux et mon crâne que je me suis posé la question de savoir si l’on était demain.
l est des lendemains de veilles, d’ailleurs, était-ce bien un lendemain ou était-on encore ce soir d’hier?…
Après m’être passé la main dans les cheveux, histoire de me rattraper à quelque chose d’un peu réel, épi durable, je me suis rendu compte que j’étais seul, dehors devant le bar, assis sur la bordure en granite du trottoir, les pieds au frais dans le caniveau.
Plus personne de connu autour de moi.
Seul des passants qui ne passaient plus, s’étant arrêtés pour rire de moi et pleurer sur leur vie perdue.
Il est des lendemains de veilles, d’ailleurs, était-ce bien un lendemain ou était-on encore ce soir d’hier?…
Adieu, mes camarades, nous n’avons refait qu’une partie un monde à notre image.
Et à en voir le résultat, je me dis que celui que j’ai vécu dans le bouge était surement un monde fantastique.
Pour le moment il fait tellement sombre dans ma tête que si l’on est vraiment demain, alors ce soir il fera jour.
Et si quelques importuns nous tancent, on reviendra reconstruire notre biotope à coups de casse-pattes avec la part de nos anges.
En attendant, je reste un peu sur l’asphalte du trottoir car, par la porte déjà encore ouvert du troquet, on entend, par-delà derrière le comptoir, un vieux poste datant de la prohibition nous distille Hoagy Carmichael – The Old Piano Roll Blues (1950).
Il est des lendemains de veilles, d’ailleurs, était-ce bien un lendemain ou était-on encore ce soir d’hier?…
Nous, on s’en fiche, c’était trop bien….
On reviendra !
