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L’été se faisait plus présent de jours en jours .
J’avais passé une bonne partie de la journée, avachi, dans mon fauteuil rouge à rêvasser, profitant de la fraîcheur que me procuraient les épais murs de pierres.
La cheminée était éteinte et le poste de radio me jouait du Sonny Boy Nelson dans street walking.
J’ai posé, sur le guéridon, le verre vide dont le contenu m’avait grandement aidé à ne penser à rien.
L’été se faisait plus présent de jours en jours.
Je suis sorti de chez moi pour marcher un peu dans la tiédeur finissante d’une fin d’après-midi.
Je suis venu chercher un peu de fraîcheur au près des eaux vertes et calmes du canal.
Je déambulais, flemmard, sur le chemin de halage, d’un pas lents, telle une mule tirant la péniche.
Par moments, je m’arrêterais pour apercevoir le ciel azur clair par-dessus des grands arbres
L’été se faisait plus présent de jours en jours.
La lumière encore vive à cette heure ci transformait les flots verts en un miroir étincelants.
Alors se produisait un jeu d’ombres qui se reflétaient à la surface, à peine trouble, de l’eau bougée par la brise tiède de la fin de journée.
Le décor inversé avait des effets fluviaux propices à la rêverie et faisait naitre un imaginaire féerique aux êtres étranges.
L’été se faisait plus présent de jours en jours.
Alors, arrivait tout un bestiaire d’animaux mythiques, d’Elfes ou de Trolls nordiques sur des drakkars.
La musique de mon poste m’était resté dans la tête et accompagnait mes songes dans cette aventure.
Cette bande son de mes délires me laissait flotter à la douceur de la mélodie.
Les eaux calmes du canal animaient dans un trouble visuel mes illusions d’aventures.
L’été se faisait plus présent de jours en jours.
Puis, plus tard, quand se spectacle son et lumière m’avait bien comblé, que la nuit venait effacer mon paysage et noircir ma vue, il était temps pour moi d’envisager le retour.
Je reprenais alors, dans l’autre sens, le chemin de halage longeant le canal.
Maintenant je tournais le dos à mon odyssée.
L’été se faisait plus présent de jours en jours.
Demain, au bord du canal, si le temps le permet je reviendrais rêver encore une fois.
