
Cliquez ci-dessous pour écouter mon poste dé radio.
C’est ça la magie de noël …
J’étais, malgré tout, assez comptent de rentrer chez moi, de retrouver mon environnement habituel, mon univers.
Une fois la porte fermée, je me suis affalé un instant dans mon bon vieux fauteuil rouge après avoir ravivée les flammes qui montaient jaune et verte dans le manteau noir de la cheminée au-dessus des bûches qui crépitaient éclairant les murs en projetant des ombres dansantes.
C’est ça la magie de noël …
La douce chaleur qui se dégageait de l’âtre ne me réchauffait pas que le corps meurtri par les froidures de l’hiver, du temps passé sur ma carcasse, elle me faisait aussi du bien à mon âme d’enfant que j’avais réussi à préserver jusque là contre les assauts des gens qui disaient me vouloir mon bien.
Je n’ai jamais ressenti cette soi-disante chaleur humaine, hormis quand nous étions cinquante dans un dortoir mais ce n’était pas que la chaleur que nous sentions.
C’est ça la magie de noël …
Le vieux poste de radio, là-bas sur son étagère, me ramenait lui aussi à mon enfance et aux douces mélodies qui berçaient les courtes années d’insouciances, celles où le temps n’existe pas, il me jouait du Was I Drunk 1936 par Georgia White.
Je revoyais tous les cadeaux absents que j’avais demandé mais par contre, il y avait un livre, empaqueté dans du papier joli, un petit jeu et puis aussi l’orange et un bonbon dans le papier doré, bruyant quand on l’ouvrait et collant aux doigts.
C’est ça la magie de noël …
J’étais descendu à la ville pour y faire divers achats car ce soir, les copains montent chez moi pour encore quelques délires ivresques.
La voiture était chargée de victuailles et de cadeaux bien emballés dans du papier n’ayant rien à envier à celui de mon enfance, Bolduc y compris. La nuit était déjà venu et la neige tombait à gros flocons lourds et gras que les essuies glaces avaient bien du mal à chasser de mon pare-brise.
C’est ça la magie de noël …
Je n’y voyait pas grand chose dans les phares devant moi à tel point que ce n’est qu’au dernier moment que j’ai vu sur le bas coté un individu entièrement emmitouflé.
Je ne sais pas comment j’ai fait mais je l’ai évité de justesse. Il a agité les bras comme pour me remercier.
Tiens, au fait?
Il me remerciait ou il me saluait en ce jour de fête?
C’est ça la magie de noël …
J’en étais là de mes considérations festives de noël quand on frappa à la porte.
Les premiers camarades sont entrés arrivant au compte gouttes et les verres ont commencés à s’entrechoquer au bout des bras levés.
Les liquides divers et variés qu’ils contenaient scintillaient aux lueurs des flammes et faisaient comme des guirlandes lumineuses que l’on accroche au sapin.
C’est ça la magie de noël …
Au bout d’un long moment on frappa à nouveau à la porte.
J’abandonnais les discutions et les chants pour m’en, aller ouvrir au dernier compagnon qui nous manquait.
Et là, sans rien n’y comprendre au début, me voilà accablé de tous les maux de la terre, comme quoi j’étais un faux frère et patati et patata.
C’est ça la magie de noël …
Que j’étais un moins que rien et que si ce n’était pas Noël… ETC …
« -Mais enfin, explique toi, plus clairement…
- Quand je te fais signe au bord de la route avec ce mauvais temps, arrêtes-toi au lieu de me saluer.
- Ha ? C’était toi ?
- Je n’aurai pas fini à pieds tout seul comme un con dans la tempête… ».
C’est ça la magie de noël…
Il est entré dans la maison, a pris un verre lui aussi.
Qu’y avait-il dedans je n’en sais rien et puis, à quoi bon…
Toujours est-il qu’il à pris les palabres et chansons en cours comme si rien ne s’était produit.
La fête s’est poursuivi jusqu’au lever du jour.
Le silence de la neige étouffait et cachait notre bonheur aux autres.
C’est ça la magie de Noël …
