28 Cette nuit j’ai rêvé

Cliquez ci-dessous pour écouter mon poste de radio.

Un rêve, cette nuit, j’ai fait un rêve.

Il a cessé à cause du bruit d’une bûche finissante qui s’écroule dans l’âtre et voilà que brusquement je ressuscite.

Le sursaut provoqué me surprend, me mettant dans un état second, frôlant l’épouvante.

Je regarde autour de moi pour situer le monde dans lequel je me trouve.

Non, tout semble à sa place.

La cheminée est là. Les flammes dans l’âtre.

La fenêtre là-bas. Tiens! Il fait encore ou déjà nuit.

Le poste de radio, plus loin sur son étagère.

La petite table ronde à coté de moi et les verres vides.

Les cadavres de bouteilles dont certaines sont encore debout.

C’est çà; tout est là.

Un rêve, cette nuit, j’ai fait un rêve.

Réalisant que le lieu dans lequel je suis est le même que celui que je fréquente quotidiennement, je suis en partie rassuré.

Le temps que mon cerveau s’habitue à la résurrection du bonhomme et se ré-apprivoise l’environnement, je reprend alors mon rythme cardiaque, lent, qui accompagne le ralenti de mes mouvements nonchalants et coutumiers.

L’éveil de mes sens se faisant peu à peu, un son résonne maintenant dans ma tête.

C’est:  « Fever » par Peggy Lee, qui me parvient de l’ancestral poste TSF à la voix nasillarde.

Mon cerveau s’accoutume de cette intrusion mélodique et lentement le calme revient dans ma maison.

Je m’étais assoupi un instant.

Un rêve, cette nuit, j’ai fait un rêve.

Vous savez, un de ces rêves qui vous font voyager dans un monde irréel, peuplé de paysages étranges, bizarres, accompagnés de personnages et d’animaux des plus inhabituels que cela est possible.

On en arrive même à se demander si ce ne sont pas des hommes mutants vers des bestioles ou l’inverse.

Ce commun inconcevable, celui où toutes choses sont possibles.

Vous savez, un de ces mondes où jouer nous amuse encore.

Un de ces univers qui nous pousse à la rêvasserie ludique.

Celui où, être deux est déjà plusieurs et plusieurs est alors un monde à vivre.

Un rêve, cette nuit, j’ai fait un rêve.

Vous savez, un de ces songes où tout se conjugue à l’unisson.

Un de ces rêves où je joue, tu joues, tu regardes, j’écoute.

Une aspiration à la découverte du jeux tue, il voue est chaire.

Tu fais, j’applaudi, tu ris, je donne, tu reçois, tu partages, je prend.

J’en prend un, il t’en reste tout autant pour celui qui compte.

J’en oublie le nombre alors tu contes pour moi, tu comptes alors.

Tu me viens, j’interviens, nous nous accueillons.

Nous sommes multiples, je suis avec toi, nous sommes un.

Un rêve, cette nuit, j’ai fait un rêve.

Vous savez, un de ces rêves étranges d’où vous sortez heureux.

Vous êtes transportés dans un autre monde, derrière un grand rideau qui s’ouvre.

Vous êtes de l’autre côté de la matière, vous, toi, moi et nous sommes vivant.

Alors, venez vous aussi, glissez-vous dans ma folie, il y a de la place pour tous.

Toutes les nuits et même le jour vous pouvez entrer, soyez les bien venus.

Et puis, soudainement, mon rêve a cessé, plus rien ne m’émeut.

Et puis, soudainement, tout a cessé à cause du bruit d’une bûche finissante qui s’écroule dans l’âtre.

Voilà que brusquement je ressuscites.

Mon rêve est tout cassé.

Un rêve, ce soir, je retourne dans mon rêve.