23 Il n’y a pas que la lumière matinale du jour ordinaire qui vient frapper à ma fenêtre

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Il n’y a pas que la lumière matinale du jour ordinaire qui vient frapper à ma fenêtre.

Il y a encore quelques minutes, j’étais dans les bras de Morphée et de surcroit, sous la couette et voilà comme un bruit assourdissant qui me perfore le crâne, ruinant ainsi toute une nuit de cauchemars  savoureux qui m’avaient fait oublier que je n’étais pas seul sur terre.

Donc, je m’éveille totalement.

Il n’y a pas que la lumière matinale du jour ordinaire qui vient frapper.

Ce n’est pas dehors, mais non, cela vient dans ma maison.

Bon, retrouvons un peu nos esprits, pour autant qu’il m’en teste un quelque part et par la même occasion, essayons de les regrouper.

Pour commencer, je n’ai pas commandé de travaux donc, il ne devrait pas y avoir d’ouvriers chez moi.

Je ne suis moi même pas bricoleur pour deux sous, cela se saurait et puis, je suis couché.

Il n’y a pas que la lumière matinale du jour ordinaire qui vient. 

Avec la prudence naturelle qui sied aux pleutres, je m’avance, lentement, comme si je ne connaissait pas les lieux.

Je sors de ma chambre, emprunte provisoirement (en plus c’est sans intérêt) le couloir qui semble mener à l’endroit où le drame se déroule.

L’angoisse monte en même temps que le volume sonore augmente.

Il n’y a pas que la lumière matinale du jour ordinaire.

Je marque une pause.

Courageusement, je la prolonge au maximum possible.

J’hésite longuement, comme si tout allait rentrer dans l’ordre sans que je n’ai besoin d’intervenir.

Alors, en désespoirs de cause, complètement abattu, comme un condamné montant seul à l’échafaud, je pousse la porte du séjour.

Il n’y a pas que la lumière matinale.

Et merde… C’est mon vieux poste de radio, coincé là, sur l’étagère haute, près de la cheminée, qui vocifère à tue-tête.

Dans les vapeurs d’alcool qui embrumaient mes songes sordides, j’ai oublié de l’éteindre hier soir.

Alors, soulagé, face à la cheminée,  je m’écroule dans mon bon fauteuil rouge qui me tend gentiment les bras et je me laisse aller au plaisir d’écouter Guillaume Nouaux drum solo -Live @ « Reed & Blues 606 »-.

Il n’y a pas que la lumière…