
Clique ci-dessous pour écouter mon poste de radio
En cette fin d’après midi, où le ciel si bas me pressait vers l’appartement, je n’ai croisé personne.
Pourtant, j’étais bel et bien dans une grande cité, une ville même.
Il devait bien y avoir des gens vivants autour de moi, c’est inévitable.
À cette heure ci de la journée, il y avait un silence absolu.
Il pesait une atmosphère étrange, comme avant un cataclysme.
Il y avait comme une ambiance d’après anéantissement.
Et si, vraiment, j’étais seul?
Non, je ne devais pas être le seul survivant d’une catastrophe virale.
Seul rescapé d’un apprenti chimiste manipulant la biologie sans raison majeure.
Pourtant, je n’ai croisé personne, je n’ai vu, de près ou de loin, aucun être vivant.
Il devait bien être quelque part tout ces gens que je croisai habituellement.
Il fallait bien qu’il se soit passé quelque chose d’étrange, de soudain.
Je me serai bien rendu compte d’un bouleversement subit.
Et si vraiment j’étais seul?
Je ne pouvais pas me tromper et être seul au monde.
Non! … Pas encore… Ou pas déjà…
Je suis rentré chez moi avec, pas vraiment une inquiétude, je dirai, plus exactement, des questionnements.
Pourquoi un tel silence?
Pourquoi, pas une âme croisée en chemin?
Pas même un chien…
Et si, vraiment, j’étais seul?
Par acquis de conscience, après avoir fermé ma porte, j’ai ouvert ma fenêtre, laissant entrer, par la même occasion le froid.
Pointant mon nez sur cette esplanade qui habituellement rassemblait les hommes.
Mais là, rien…
Personne…
Pas un mouvement…
Pas un seul bruit…
Seul, le vieux poste de radio, sur le meuble derrière moi, me soufflait une trompette mélancolique.
Et si vraiment j’étais seul?
Serai-je perdu dans ces grands ensembles?
Je ne m’en serai peut-être pas rendu compte tout de suite?
Si cela se trouve, cela fait déjà plusieurs jours que je suis seul au monde, miraculé d’une explosion chimio-bactérienne etc…
Et tout cela parce que je suis resté cloitré dans mon salon, enfoncé dans mon vieux fauteuil rouge à écouter mes rêves.
Et si vraiment j’étais seul?
Ou alors… Parce que j’ai regardé des jours et des jours mon ancestral poste qui me serine du jazz entre mes oreilles, je n’ai rien vu venir?.
Dans le doute, et le froid, je referme ma fenêtre.
Je m’assois à nouveau dans mon fauteuil rouge.
Je monte le volume sonore du récepteur et me ressert un petit vin chaud à la cannelle.
Je laisse la musique m’envahir en écoutant Ben Webster dans « Solitude »:
Et si vraiment j’étais seul?
Chez moi, j’en suis sur, je suis seul mais dehors?
Cela fait bien longtemps que j’en ai pris conscience.
Mais dehors, ailleurs?
Il y a-t-il gens ou n’il y a-t-il absolument personne?
Que s’est-il passé en réalité pour justifier ce silence, cette absence?
Il doit bien y avoir une cause qui fait que je me retrouve isolé.
Et si vraiment j’étais seul?
Soit, et disons qu’il n’y a personne mais alors, tout ses gens, où sont-il?
Soit, ils sont tous partis et là, comment se fait-il que je m’en sois pas rendu compte?
Soit ils sont tous morts sur place, brusquement, dans une sorte de pulvérisation chimique.
et alors où sont les corps, qui devraient être figés dans un mouvement immobilement ridicule?
Et si vraiment j’étais seul?
Et puis, il y a de la musique à la radio, preuve qu’ils ne sont pas parti en laissant, pour qui, la radio allumé.
Si mon poste me musique depuis des heures et des jours, c’est qu’il n’y a plus personne pour éteindre l’émetteur.
Donc c’est certain, je suis seul au monde, il n’y a pas à en douter un seul instant.
Et si vraiment j’étais seul?
J’en étais là dans mes méditations poste anéantissement quand il s’est produit un évènement.
Une chose qui, habituellement, serait passée anodine mais qui, là, a pris une dimension considérable.
Une fraction de second, un questionnement, suivi d’une trisse réalité évidente…
…
Et merde… Le téléphone à sonné..
Je ne suis pas seul au monde…
Merci de me laisser votre appréciation ci-dessous.
