11 La veillée de Noël

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Dehors, la neige tombait puis déjà un bon moment et je suis certain que les derniers retardataires avait désertés les magasins. Je silence devait régner sur le village. Les guirlandes lumineuses accrochés au lampadaires donnaient un semblant de fêtes sur une petite ville vide. Quand à moi, si loin après le village, m’occupe à remuer les bûches cramoisies dans l’âtre. Soudain, je m’arrête et au même moment le temps s’immobilise brusquement. Là-bas, son son étagère, mon vieux poste de radio désuet qu’y traine me joue Bennie Moyen’s Kansas City Orchestra: – « As Long As i Love You Jeannette »-.

Je tombe en arrière.

Heureusement que le vieux fauteuil rouge, juste derrière moi me tend ses bras. Affalé, Je me laisse bercer par la douce chaleur de la cheminée dans laquelle brûlent les deux bûches aux flammes dansantes dans le noir manteau. je ferme les yeux et alors une sorte de tempête me traverse, renvoi dans un temps où, dans la maison, près d’une semblable cheminée, au pied d’un pin qui luisait de mille verts changeants sous les feux des bougies pincées dans ses branches. J’étais assis, parterre à l’époque, sur le parquet de large planche de chêne. J’avais oublié l’école de tous les jours et les colles du jeudi pour me retrouver enfin sorti de ce carcan. Mes yeux écarquillés regardaient les étoiles en papier d’alu du pin au longues aiguilles, elles scintillaient. Il y avait aussi quelques guirlandes qui ondulaient, lascives comme les lianes de l’homme singe de mes bandes dessinées. Par-ci, ou par-là, on pouvait voir des angelots, des tambours, ainsi que d’autres objets traditionnels de Noël et des boules de verre peintes qui se balançaient. Tout ceci dansait dans un jeux de lumière orangée que renvoyait l’âtre aux flammes agitées. Je suis sur que celles-ci attendaient avec nous d’assister à la magie du soir.

Nous venions de finir notre repas et pour l’occasion, c’était fête!

Maman nous avait gâtée avec une entrée faite d’oeufs mimosa, d’une fine tranche de saumon, de la dinde farcie et escortée de châtaignes et puis Maman nous avait confectionnée une bûche, roulée à la crème, tellement bonne qu’aujourd’hui je m’en lèche encore les babines.

Nous n’avions pas de télévision, et tant mieux pour nos rêves. Nous déposons au pied du résineux nos chaussons, ceux-là même qui nous guiderons demain matin vers nos cadeaux espérés.

Et nous voilà tous assis comme on le pouvait près du foyer autour de l’arbre, mes parents attendant exceptionnellement que l’on aille se coucher, même tard ce soir, et nous, espérant veiller suffisamment longtemps pour voir le gros bonhomme en rouge. Maman nous racontait des histoires merveilleuses, de ces sortes de contes qui transportent les enfants dans des pays imaginaires où tout est possible, même des animaux qui parlent. Pour sur que tout à l’heure il va arriver. Je vais l’accueillir avec bonheur, lui parler et lui dire combien je mérite tout ce que j’ai demandé dans ma lettre, même que, pour ne pas qu’il ne se trompe j’avais collé  sur ma liste les images de mes voeux découpées dans des magazines depuis déjà plusieurs semaines. Je vais lui demander où sont ses rennes volants et comment il a fait pour me retrouver ici…

Je vivais tout çà en baillant largement par moment bercé par la voix douce de Maman et les chants en fond sonore du poste de radio.

Et puis, tout à coup, tout à dû s’éteindre brusquement puisque aujourd’hui je suis là sans le pin, devant la cheminée, mais sans les guirlandes et pas la plus petite étoile qui ne luise. Juste le parquet de chêne. Pas la moindre histoire qui m’emportait autrefois dans des aventures extraordinaires. Pas le moindre paquet non plus au pied du sapin puisqu’il n’y en a pas et puis, à mon âge, les chausson, je les ai aux pieds.

Mais à quoi bon?

Il n’y a plus ici mon père, ni ma mère et sa voix racontant mes histoires merveilleuses.

Les flammes dans la cheminée, en dansant, ne me renvoient que des ombres mouvantes du passé ainsi que  la mienne.

Mais c’est Noël.

Allez, bonne nuit, quand même.

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Note : 1 sur 5.